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dav 26-09-2018 Article

C'est pas une dictature, c'est de la prédation

Dans la façon de classifier ma base documentaire sur l'actualité de cette époque, il est rarement question d'hésiter à employer les termes qui fâchent, appartenant parfois à l'histoire ou à des cas de figure qu'on croyait lointains, tels que "colonialisme", "impérialisme", "dictature", et même "injustice" pour qualifier un verdict d'un tribunal.

La dictature est le caractère dans lequel sombrèrent les empires qui se sont effondrés. Graduellement, les structures sociales qui ne sont que des liens invisibles et immatériels, régentés et consentis, deviennent des obstacles, des menaces, jusqu'à finir par s'opposer complètement aux fondements même de ce qui unit les gens en forme de civilisation.

Quelque part, on peur dire que nous avons de la chance en tant que penseurs contemporains, d'assister à une telle époque, car c'est le moment idéal pour en expérimenter les affres et les articulations, et pour en sonder toute l'injustice. Ce travail est celui qui a consisté à établir les Droits de l'Homme et du Citoyen, en réponse à l'iniquité, la tyrannie, et après avoir examiné de l'intérieur les tenants d'une démence sociale.

Il est clair pour ceux, de plus en plus nombreux, qui n'arrivent plus à trouver le sommeil de la tranquillité et qui se retrouvent confrontés à l'injustice, que la grande question de fond qui est commune à chacune d'elle est le manque de logique. Il est tellement évident que les solutions logiques sont les meilleures, qu'on est facilement capables de concevoir à quoi ressemblerait le monde, ou à quoi il aurait dû déjà ressembler, si les décisions prises et les choix évolutifs avaient été raisonnables, pensés, sous-pesés, ou tout du moins désirés comme étant les plus justes possibles.

C'est tout ce qu'il faut pour conduire une civilisation sur le chemin de son évolution, une simple volonté de justice. Et pour l'atteindre, les seuls arguments qui vaillent sont ceux de la raison et de la science. Il est facile de prouver quand une décision est bonne ou mauvaise, ou la meilleure possible. Ce n'est que le fruit d'un travail. En l'absence de ce travail, que seuls quelques observatoires émettent, l'empirisme finit toujours par prouver quels auraient dû être les bons choix, quand on en a fait des mauvais.

C'est principalement sur cet axe, en jouant sur cette ignorance, que toute la fortune du monde actuel est faite. On a les bénéficiaires d'un côté, et les victimes de l'autre, qui sont les peuples, les pauvres, et mieux encore les générations à venir, qui elles n'ont plus ne peuvent pas se défendre contre ces mauvais choix, dont elles souffriront les conséquences en perdant leur vies à subir et réparer les dégâts.

On parle aisément de dictature, quand les finances publiques servent les armes et que les policiers tabassent des jeunes qui déposent des autocollants sur la façade d'une banque qui pratique l'évasion fiscale, quand le droit au logement est amoindri, les retraites promises sont non tenues, les opinions individuelles sont réprimées et les conversations privées elles, épiées, et donc potentiellement jugées, comme pour fonder le conformisme qui lui sied.

On la sent de plein fouet quand on assiste, hébétés, à la manière dont devient institutionnelle en étant promue, soutenue, et surtout mise en application avec encore plus de hargne que nécessaire, par de simples individus qui proclament ne faire que leur travail, en dissimulant à peine un réel désir de nuire. La dictature finalement, n'arrive même pas à rester le droit exclusif des états tyranniques, puisque les gens eux-mêmes s'arrogent dès lors le droit de l'appliquer à ses propres concitoyens.

Ils se l’arrogent parce que dans la structure de la dictature il est stipulé qu'on a désormais le droit de s'arroger ce qu'on veut. L'état impérial américain lui, ne s'embête pas pour s'arroger des pays entiers afin de les dépouiller de leurs ressources naturelles, en fomentant des guerres financées par les impôts, et au bénéfice d'industries privées et anonymes. Il suffit de le faire, et rien ne l'en empêche. Et si une voix se lève, ils peuvent aussi bombarder les gens de beaux principes détournés et torturés.

Ces industries elles aussi accaparent des terres cultivables et les rase complètement, au prétexte de chercher de l'or mais plus probablement dans le but de contrecarrer la capacité de ces pays à garantir leur autosuffisance. Et personne ne peut lutter contre ces actes odieux et incroyables, car tous les échelons des institutions sont corrompus, soit par l'argent, soit par l'admiration qu'ils ont pour leur supérieur hiérarchique corrompu, en rêvant de l'être aussi. Et de toutes façons si ces petites mains venaient à réagir négativement, même avec le désir d'être aussi corrompus, ils se font simplement virer et remplacés par d'autres qui sont nativement débiles.

On parle de démence quand on n'arrive plus à distinguer ce qui est volontaire de ce qui est psychotique ; Quand on ne sait plus vraiment à qui l'on parle et qu'il faut se méfier des mots qu'on prononce ; Quand la confusion mentale interconnecte causes et conséquences au point que tout le veuille plus rien dire.

On parle de dictature le jour où vous recevez un courrier ahurissant, où une décision criminelle a été prise à votre encontre sur la base d'un mensonge éhonté, accompagné d'une formule de politesse spécifiant qu'en cas d'erreur, il vous reste une infime chance de vous justifier. Dans ce cas la logique prévaudrait et il suffirait d'arriver avec les pièces qui conviennent afin de démonter clairement l'inanité d'une telle décision. Mais, il n'y a personne à qui parler, le temps joue contre vous, et le mieux que vous puissiez faire c'est d'expliquer à la dictature son inanité, ce qu'évidemment elle prendra encore plus mal que ce qui a causé ce désordre. Une simple chatouille peut pour elle justifier un crime.

Ils prétendent ne suivre que la loi, mais ils se moquent de la loi. Et les tribunaux sont condamnés à la suivre aussi. Il devient évident que dans un tel environnement il est presque superflu de créer des lois injustes. Il ne reste aux "citoyens", qui dès lors n'en sont plus, qu'à subir la prédation de l'état.

Le seul salut dans ce cas, quand la politesse et la logique devraient primer, ce serait d'avoir la chance de tomber sur un interlocuteur qui soit à la fois compréhensif, actif et efficace. Celui-là, on l'appellera un résistant.