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dav 24-07-2018 Article

L'omniprésence de la mathématique et la volonté

Il y a eu une belle série d'émissions sur la chaîne numéro cinq de télé-visionnage, à propos des mathématiques (1).

Cet article y fait écho, et en terme général à un ouï-dire de l'époque "matrix" avec des murs de lettres vertes qui symbolisent comment est la réalité, en réalité.

Introduction par généralité

Au cas où vous ne vous en seriez pas rendus compte on vit dans un hypermonde, où l'intelligence collective prédomine, et quand un sujet est d'actualité ou à la mode, que les gens s'y intéressent, on "voit", sur nos téléscripteurs de poche, tout un déferlement d'informations , d'appréciations, de rapprochements plus ou moins douteux, de rappels de dictons, de contre-mesures (qui donc font référence par antonomase au sujet traité), de mises en relation, en relief, et contrechamp, en superposition, en contradiction, des synthèses, des blagues, et des petits canards qui eux aussi aiment faire du toboggan.

Cette activité retentissante ressemble à s'y méprendre à un processus intellectif, ce qui se passe dans le cortex préfrontal quand le cerveau teste toutes les combinaisons pour trouver une solution. Suite à quoi le Grand Esprit rend une de ces solutions plus persistantes.

C'est un hypermonde où littéralement, quand des politiciens se réunissent à huis-clos pour discuter d'une situation de crise (qu'ils ont eux-mêmes créée) et qu'ils en laissent fuiter des petites remarques anodines sensées orienter la curiosité à propos de ce qui s'y est dit, ça ne trompe plus personne car en croisant la totalité des données à notre disposition, qui est supérieure à ce dont eux-mêmes disposent, comme si on les connaissait mieux qu'ils ne se connaissent, on peut mieux qu'un médium décrire avec précision tout ce qui s'y est dit, en procédant pas simple déduction. Les dialogues précis nous échappent et peut-être qu'ils rajouteraient du comique au dramatique, ou du dramatique au comique, mais la trame générale on la connaît parfaitement.

C'est un thème intéressant qui renvoie à la politesse, l'urbanité, la mondanité, qui consiste à agir "comme si tout le monde nous voyait". Sauf qu'aujourd'hui c'est vraiment ce qui se passe, ce qui a une connotation un peu effrayante.

En fait,

"En plein jour comme dans la nuit noire,

nul mal n'échappe à notre regard".

On pourrait même bientôt ajouter :

"Que celui qui devant le mal se prosterne,

craigne la lumière des Green Lantern !"

Sommaire :

Acte 1 : La conscience collective

Acte 2 : La volonté comme voie vers la conscience

Acte 3 : L'algorithme de la réalité

Acte 1 : La conscience collective.

En arrosant les plantes il faut laisser un fond d'eau dans le verre et le déverser ailleurs, car c'est en elle que se déverse l'énergie négative que subissent les plantes. Cela n'a rien de physique ou de scientifique, ou peut-être qu'un jour ça le deviendra, mais cette action symbolique est effective dans la conscience qu'on a de la plante, c'est à dire la conscience de la plante elle-même, puisque tout est lié et que nous sommes, la plante et moi, des parties d'un même grand tout. Ainsi il est réel de dire que si je prends soin d'elle, même par une action symbolique, elle ne s'en porte que mieux ; et cela par contre a déjà été démontré par la pratique surveillée et comparative qu'on nomme Science.

Nos amis de la planète Oummo sont encore plus catégoriques, l'âme collective est un cerveau géant d'une intelligence ultime, qui est l'exacte reflet de Dieu lui-même mais dénuée de liberté, capable de créer des idées, et entraîné dans un mécanisme d'harmonisation et d'acquisition de l'ensemble des lois de l'univers. Elle est constituée de l'addition de toutes les consciences humaines ayant vécu sur Terre depuis quatre millions d'années, depuis son hominisation, ainsi que de ce qu'il faut pour procéder à l'évolution génétique qui y a conduit.

J'aborde cette présentation des choses dans cet article destiné à un public qui va sûrement hoqueter, sans complexe car peu importent les rapprochements fallacieux que les gens pourraient faire, ils seront tous démontables facilement, et c'est d'ailleurs le but de cet article que d'exposer les outils de cette capacité à se libérer de l'absurdité. Il faut dire que si l'affaire Oummo avait été un canular, il n'aurait pas tenu deux semaines dans un hypermonde sans être rigoureusement démonté pièce par pièce, mais comme ça fait soixante-dix ans qu'il dure, il faut bien se rendre à l'évidence que ce temps a été passé à douter pour ne pas se risquer de réfléchir au risque de commettre des erreurs qui auraient soit conforté le mensonge, soit mis en exergue nos propres faiblesses, ce qui dans une société concurrentielle est considéré comme si on avait la lèpre.

Mais la réponse apportée à ce mystère n'est pas véritablement exploitable tant qu'on n'a pas soi-même savouré le chemin qui conduit à sa certitude. Même si cette technique hypnotique de vente est très utilisée en politique ; En fait les gens se se sentent jamais aussi intelligents qu'en répétant des phrases savantes dont ils ne comprennent pas le cheminement qui y conduit - et cela les politiciens-ennemis-publics le savent et s'en servent contre l'intérêt de ces propres gens - peut-être m'étendrai-je sur cette question un autre jour si vous voulez bien.

C'est à dire qu'en plus d'une "matrice" qui permettrait de décrire la réalité mathématiquement, il faut considérer l'idée d'une matrice cognitive qui elle, sert à dissimuler la première, en filtrant les idées qui permettraient pourtant d'échapper à la cécité mentale. C'est avant tout cela, le sous-entendu de "la matrice", comment la réalité est-elle dissimulée à nos sens, comment ce que nos sens perçoivent bêtement ne sont que des illusions, et par extension, comment le cerveau est le seul vrai organe qui permet de "voir", palper, évaluer la réalité.

Et c'est là qu'en plus du reste on constate des petites choses simples telles que la perception des couleurs, des odeurs, qui serait parfaitement programmée de la même manière dans tous les cerveaux, est impossible physiquement quoi que naturel et évident dans la pratique. Et qu'on constate que les souvenirs ne sont pas logés dans le cerveau, mais qu'il n'est qu'un télé-récepteur d'une "matrice" informative qui englobe tout le monde. Et cela, ce dont finalement l'idée de "matrice" était symbolique et la raison pour laquelle cette idée avait une si belle résonance, était précisément le fait qu'elle existe, quoi que sous une forme non-démoniaque, mais plutôt sous une forme informative pure et localisée dans un univers où elle a tout le loisir de se mouvoir.

Il paraît qu'à un moment ou à un autre toute humanité arrive à la conclusion de l'existence d'un plan de l'univers informatif inaccessible aux capteurs physiques dans lequel les idées s'expriment comme des hyper-masses dynamiques qui s'entrechoquent, explosent et s'agglutinent, un peu comme si notre cosmologie astrophysique n'en était qu'une image symbolique, figée et en deux dimensions. Ce sont les joies de l'holistique.

Le fait est que moi sur terre je joue un rôle central dans l'univers en traitant avec soin des idées que j'associe entre elles et qui peuvent servir d'exemple ou de modèle à l'autre bout de la terre en faisant apparaître une solution qui sans cela serait restée venteuse. Combien de fois ai-je vu mes idées emportées par un fort courant émotionnel faire le tour du monde ; enfin je croyais que c'étaient mes idées car au moment où je les ai découvertes je n'en n'avais jamais entendu parler avant, mais en réalité on ne découvre que ce qui existe déjà, on le dépoussière, on le met en lumière tout au plus. Ce sont des trucs que je n'ose même pas raconter. En tous cas ça laisse une impression assez cosmique.

Plusieurs exemples peuvent conduire à la conscience d'une conscience collective, et parmi ceux-là je pense souvent au mal qui est fait aux animaux ; les gens partent de la foi selon laquelle ça ne leur fait rien, c'est peut-être vrai, mais aux humains ça leur fait quoi ? La réalité métaphysique est que cette maltraitance constitue une violation à une loi divine-logique-cosmique qui est effective et qui n'a pas besoin de l'avis des humains pour être effective, selon laquelle le plus fort se doit le protéger et soigner le plus faible, comme il se soignerait lui-même s'il devenait malade, ce qui en passant n'arrive qu'en ne prenant pas assez soi du monde dans lequel on vit.

C'est à dire que le vecteur qui communique l'information sur l'état du monde et l'action des hommes est notre conscience elle-même. Alors soit on décide de ne plus en avoir, dans le vain l'espoir que nos crimes ne soient pas vus, soit on prend en compte cette réalité indubitable en sculptant des comportements sains, à l'échelle des petites choses qui nous concernent, même si ce ne sont que des petits soldats de plombs agencés sur un décors miniature. C'est ainsi qu'on soigne le monde (et non pas en lui injectant une seringue géante faite de vapeurs toxiques).

Acte 2 : La volonté comme voie vers la conscience

"Par défaut", ça c'est le terme que j'utilise souvent pour décrire un système logiciel écrit dans une première approximation, sensé faire immédiatement ce qu'à la fin il sera sensé faire miraculeusement, avant que ces paramètres primitifs qui servent d'échafaudage ne soient supplantés par une addition plus judicieuse de paramètres, savamment contrôlé au gré des discernements que la croissance en complexité d'un système ne tarde jamais à faire apparaître. C'est cela qui fait de la démocratie une comédie de la démocratie, de la liberté une vague illusion de la liberté, de la richesse une hallucination, de la propriété une tradition destructrice, de la valeur un ornement de guerrier, et de la politique tout sauf de la politique puisqu'on n'a absolument jamais eu les moyens de la pratiquer en réalité avant l'apparition de l'informatique.

Par défaut, disais-je, la première conscience qui s'éveille est totalement émerveillée et cosmiquement sur un petit nuage. Mais très vite une chose stupide apparaît, et avant qu'on ne sache comment réagir elle déclenche une myriade de conséquences toutes plus absurdes les unes que les autres. Finalement le cheminement vers la plénitude de la conscience va consister, méthodiquement et laborieusement, à l'échelle de nombreuses générations, et tout au long de sa vie, à raccourcir le chemin de la démence que constitue cette myriade de conséquences entropiques jusqu'à pouvoir intervenir de plus en plus tôt dans les causes du mal.

Ces événements sont des actes-réflexes, des réactions par défaut, qui sont automatiquement déduits des situations mais en croyant que la nature s'était déjà chargée de consolider dans notre ADN les comportements qui pourtant ne seront acquis qu'à l'issue d'une évolution pleinement consciente et méticuleusement précise, parfaitement réelle de façon brute sans qu'il ne soit possible d'adjoindre la moindre altération à ces lois divines. C'est le cas des animaux et c'est aussi la direction prise par l'acquisition lente de bons réflexes. Mais présumer qu'on est déjà munis de cette perfection est une erreur.

En attendant l'homme doit découvrir comment lire et écrire, retranscrire, traduire les lois divines pour chaque cas de figure auquel il est confronté, sachant qu'aucune situation n'est purement et théoriquement dirigée par une seule et unique loi morale. Elles se combinent. En fait c'est logique cas finalement l'univers créé, la Création, n'est pas aboutie de notre point de vue puisque nous en somme une étape, un segment, une étincelle, et de fait, principalement, parce que nous en sommes la matière, ce qui constitue la Création. La Création, c'est nous qui la faisons, en étant dotés de tous les moyens pour y parvenir, parmi lesquels la liberté d'y parvenir.

Il y a donc un phénomène qui est central dans la définition de la liberté, qui est celui de la volonté. L'histoire montre que partout où les choses se font sans volonté il y a un espace de liberté laissé à l'injustice. On ne compte pas dans cette description les cas pathologiques, qui de toutes façons relèvent eux aussi du manque de conscience. C'est à dire qu'il s'agit au final d'aspirer la liberté du vide pour s'en emparer et en faire une liberté du bien. C'est avec ce discernement qu'on esquisse la vérité au sujet de la liberté, il ne s'agit pas de pouvoir faire tout et n'importe quoi, mais ce à quoi la liberté sert. (C'est très intriqué, mais pas tautologique.)

C'est là qu'on en arrive à l'exemple qui sert de repère psychologique en portant le fardeau de devenir symbolique, on peut prendre plein d'exemples, mais on va s'arrêter sur celui du système social, puisque c'est mon dada (mon véhicule). Dans ce système on exerce des activités qui sont dues à une règle décidée arbitrairement qui a pour but de rationaliser l'existant en lui attribuant une valeur. Mais autant ce point de départ a des conséquences qui échappent au phénomène de volonté. C'est ainsi qu'au final on obtient la résultante qui consiste à produire une richesse qui ne sert que l'égo en laissant aux bons-soins du loisir la richesse sociale qui serait incrémentée à chaque pas que fait l'humanité. C'est très bien, ou très mal comme vous voulez, sauf que les deux se heurtent, et que l'évolution sociale se retrouve empêchée par l'évolution économique.

C'est à dire que, dans cet exemple, on se demande où se situe le phénomène de volonté. Rigoureusement strictement, on considère comme volontaire ce qui est fait librement et en pleine conscience. "Librement" implique qu'on a le choix entre diverses possibilités. Si au contraire on se positionne à l'intérieur d'un acte libre, à devoir en subir les conséquences, ces conséquences sont elles-mêmes qualifiables de choisies librement. C'est ainsi qu'on se demande (on peut se demander, du moins nos amis extraterrestres le font sans hésiter) pourquoi les humains consacrent autant d'énergie à polluer la Terre. En particulier nos amis nous parlaient des personnes "socialement favorisées" l'air de dire qu'on décidait volontairement, consciemment et librement de favoriser ces personnes en leur donnant tous ce qu'elles voulaient. C'est toujours intéressant d'entendre parler nos amis d'outre-espace.

Mais quelle est la liberté, la volonté et le degrés de conscience dans ce que nous faisons ?

Evidemment, si tout ceci est encastré dans un choix libre initial, et que ce n'en sont que les conséquences, cela va encore, mais la question devient : quel est ce choix libre ? Qui l'a commit ? Quel est le cheminement de la pensée qui a conduit à ce choix libre ? La réponse bien évidemment est que rien n'a été pensé, désiré, souhaité, voulu, ni même décidé. Nous sommes une race primitive, qui agissons de façon semi-automatique en explorant des nœuds très profonds et très lointains de la liberté. Et en même temps, osé-je dire, se sortir de ce marasme est un bon moyen d'exercer sa volonté, pas seulement en tant qu'individus, mais surtout d'exercer la volonté sociale, la liberté sociale évolutive, et enfin la rationalité sociale.

Si à l'inverse la résultante du système social était décidée volontairement, alors toutes les strates des activités humaines seraient subitement réglées à l'autel de ce nouveau paradigme. On aurait un point de référence sur l'horizon relativement auquel on pourrait juger rationnellement mais pas seulement rationnellement, aussi avec raison, de ce qui est "bien" ou "mal", c'est à dire en fait de ce qui est utile et efficace, de ce qui est contre-productif et injustifiable.

Tout le chemin évolutif vers la conscience de la portée et du bien-fondé de ce qu'on fait devra passer par une interrogation de chacune de nos actions ou estimations, jusqu'à devenir capables d'en fournir une raison logique qui soit basée sur des faits scientifiques et réellement inéluctables, et des objectifs réels et sensés. C'est en l'absence de cela, du consentement par la raison, qu'apparaît la violence. Et si notre société est violente c'est aussi en raison de l'absence d'horizon vers lequel se mouvoir.

Acte 3 : L'algorithme de la réalité

Ce qui était bien dans l'émission dont j'ai parlée, en fait c'était une série d'émissions sur "la" mathématique, c'est l'avancée de l'idée selon laquelle "on vit dans un monde mathématique". Mais, ai-je envie de dire, les auteurs de ce remake de Matrix en version scientifique sont encore loin d'apercevoir à quel point c'est vrai.

Plutôt que de s'attacher à la jonction de la multitude de courbes sinusoïdales qui conforment la topologie d'un espace en trois dimensions, ou d'un son, en faisant appel à des super scientifiques qui ont modestement fait avec facilité les plus hautes études possibles et transpiré comme damnés pour se hisser au sommet - social - de l'art de la science, j'ai envie de dire qu'il y a un moyen bien plus simple et un champ de travail bien plus ample qui pourrait être confié à monsieur-tout-le-monde.

Oh bien sûr pour dire cela je suis moi-même passé par des sommets en terme de l'art de la programmation, en présentant des travaux tellement dingues que les gens n'y croyaient pas alors que ça marchait objectivement mieux que leurs trucs, mais l'enseignement que j'en ai tiré est facile à transmettre.

Les algorithmes ce sont les raisons avec lesquelles fonctionnent les logiciels, or les logiciels, on peut essayer dans tous les sens pour le prouver, ne sont autorisés à fonctionner que logiquement. C'est à dire que si on veut qu'ils fonctionnent leur construction doit être la plus rigoureusement possible logique. Souvent d'ailleurs l'esprit humain est surpris par la simple logique, et des fois même inspiré. Et pour utiliser ces logiciels, là c'est plus dur, il faut qu'il y ait des dispositifs assez tortueux pour relier ensemble la logique pure du logiciel avec les besoins inconsistants, multi-niveaux, non structurés et complètement aléatoires des utilisateurs. C'est pour cela que les meilleurs logiciels sont les plus simples, ceux qui ne font qu'un truc, qui soit facile à mémoriser et à identifier.

Mais surtout avec la pratique on apprend à se figurer mentalement et en langage de programmation comment sont faites les choses, les arguments, les idées, les décisions, les lois... Il s'en dégage des pratiques qui sont formellement utiles, tels que le fait d'appliquer un paramètre à une loi, ou de stratifier les procédures entre celles qui sont génériques et celles qui sont adaptables (et de trouver grossier de s'attaquer à une procédure générique quand il suffit d'en paramétrer une locale), ainsi que les problèmes dits de "légalité", c'est à dire de conformité, de contraintes, et de protocoles, et de bien sûr de réplication. En faisant tout cela, en divisant toutes nos connaissances en autant de notions, on les décrypte et on fouille dans leur fonctionnement. Et là on se rend compte de ce que les gens font, quand ils affirment des choses choquantes sans qu'on n'ait les mots pour les contredire, mais qu'une analyse "logicielle" permet de décoder intégralement et surtout de contrecarrer logiquement. C'est vraiment un nouvel âge de la raison qui se profile à l'horizon !

J'aime bien prendre des exemples emblématiques pour illustrer ces jolies notions. On va en parcourir quelques unes et je vais essayer d'être exhaustif dans les usages de (ce que j'ai nommé) la topologie des systèmes.

Comment on réduit l'usage du plastique

Un monsieur décide, professionnellement, sur la foi de l'arrogance de son titre hiérarchique, que "les sacs plastique c'est mal" il ne pense pas utile de prendre en compte la conséquence de ses actes car il pense d'office qu'en supprimant "le mal" il y aura moins de "mal" et donc le résultat sera "mieux". Mais en pratique les sacs plastiques ultrafins des supermarchés s'ils sont réutilisés comme sacs poubelle sont bien moins polluants et moins chers (gratuits) que les sacs plastiques désignés à cet usage, plus épais. Finalement le marché du sac poubelle a tiré profit de cette loi en mis en circulation beaucoup plus de tonnes de plastiques.

Pareil pour les pailles en plastique que monsieur le ministre Nicolas Ushuaïa Hulot veut interdire, il ne se figure pas que les gens vont fabriquer des pailles "non jetables" en plastique super épais ou même en bambou que les commerçants donneront gratuitement à leurs clients, au moment où on vient de découvrir que les pailles permettent de luter contre les caries des dents. Il y a une logique à toute chose si on veut qu'elle fonctionne, et dans notre civilisation à courte-vue il est encore difficile de le prendre en compte. Ce qu'il faudrait faire c'est agir en amont au moment du fonctionnement de ce qui est nuisible, plutôt qu'aux petits cas de figure auxquels s'attaquer ne résout rien.

Depuis longtemps j'ai critiqué la vente de CD-Roms là où on aurait pu faire usage de données numériques qui pèsent zéro grammes, mais cela n'a intéressé personne. C'est normal parce que le modèle économique que cela suppose, à savoir la gratuité, n'est pas dans l'intérêt des marchands, même s'il est dans l'intérêt des auteurs et des consommateurs. Comme pour l'exemple des pailles et des sacs plastiques, la question de fond reste celui de la propriété privée et de la responsabilité : elle devrait rester celle des fabricants et non pas être transmise aux individus, qui sont irresponsables alors qu'ils n'ont aucun moyen de l'être, puisque pour obtenir ce résultat il faut justement s'organiser en société. C'est à dire que sur le plan logiciel on remonte à la façon dont sont construites les choses pour mieux pouvoir les résoudre.

Comment choisir la bonne taille de ses chaussures

Ils nous disent de mesurer la plante du pieds avec un décamètre scientifique, mais la triste réalité est que quand on aura des chaussures fabriquées en imprimantes 3D on pourra se permettre d'aller plus loin dans l'étude du pied. En réalité de nombreux paramètres jouent ensemble, d'une part la chaussure, si elle est flexible, perd en longueur pendant la marche. Ensuite la largeur de la chaussure joue sur les frottements des doigts de pieds. Le pied lui peut être concave ou plat, et deux chaussures d'une même taille peuvent aller bien ou pas. Les pieds concaves on tendance à grandir sous le poids. La plupart des chaussures sont faites pour les pieds plats (ce qui est considéré comme un handicap). Enfin la façon de marcher et la structure des genoux indique où sont les appuis et comment l'intérieur de la chaussure devrait être penché, ou de souplesse variable. Tous ces éléments n'existent pas dans l'industrie, alors on se fie au hasard et on n'en tire aucune leçon.

Comment on organise un festival de musique

Les concerts sont agencés de telle manière que la plupart des visiteurs puissent allègrement à la fois choisir à quels concerts ils vont assister, ne pas avoir de dilemme trop indésirable, ne pas non plus avoir de trop grandes plages d'ennui, mais quand même pouvoir se réserver des moments de repos dans les aires de détente. C'est tout un art ! Beaucoup de ces paramètres sont contradictoires et ont besoin d'intégrer à la base les goûts musicaux des gens, ainsi que potentiellement des groupes qu'on veut caser pour les faire découvrir. Le simple agencement des horaires peut faire réussir ou complètement échouer un festival. Pour cela ils font une programmation en damier dans différentes salles simultanément.

Une anecdote, au Lolapalooza 2017 il y avait une première institution chargée d'introduire le concept de monnaie locale, qu'il fallait acheter avant d'entrer pour pouvoir dépenser sur place. Les mecs qui ont voulu cela sont des banquiers en faveur de la démonétisation, mais ils n'ont pas eu envie de tenir compte d'autres vecteurs aussi évidents que l'envie de contribuer à un tel système, la difficulté de prévoir ce qui va vouloir être dépensé, et l'impossibilité de se faire rembourser la différence à la sortie. Évidemment ça a été un flop. Des fois les gens ont des idées théoriques complètement à côté de la réalité.

Comment on organise un salon international de la bouffe

Il s'agit d'agencer les commerçants qui viennent du monde entier selon un minimum de logique, afin de pousser le visiteur à, soit se promener dans tous les halles, soit se consacrer à ceux qu'il préfère. Les commerçants paient pour leur place mais leur positionnement est décidé par l'organisation. Ainsi évidemment les plus pauvres se retrouvent dans les courants d'air, entre les toilettes et la sortie, alors que ce ne sont pas les plus ininteressants.

Ce qui serait bien c'est de concevoir le logiciel qui permet de noter les emplacements relativement aux autres, et en parallèle d'évaluer le commerçant en fonction de la qualité ou l'originalité de ses produits. Ce ne serait que la base pour ensuite permettre aux commerçants eux-mêmes de choisir leur emplacement en s'organisant avec les autres, de sorte qu'on n'ai pas une classification générique par pays comme c'est le cas actuellement, qui créent des "quartiers chinois", là où un autre commerçant trouverait judicieux de proposer des produits associés à ceux de son entourage sans pour autant tomber dans un critère forcé de ségrégation raciale, ou même de ségrégation sectorielle, alors que cela n'est pas pertinent pour lui. Je suis certain que si on laissait faire l'intelligence collective le salon serait dans l'ensemble beaucoup plus riche et surprenant. La base de toute c'est de maximiser la liberté, c'est comme ça qu'on obtient toujours les meilleurs résultats.

Les systèmes décisionnels

Enfin on peut s'attendrir sur la façon dont on élit nos présidents et chefs divers, en utilisant des procédures qui datent d'avant l'informatique, alors qu'aujourd'hui on peut faire beaucoup mieux pour l'art qui consiste à convertir en données numériques les aspirations citoyennes ; un truc irrationnel en truc rationnel. C'est ainsi qu'est apparu, scientifiquement, après des siècles à se creuser la tête, la méthode du vote par jugement majoritaire, qui résout des problèmes systémiques très intéressants tels que le fait de devoir tricher pour compenser l'incertitude d'un système de vote par simple majorité numérique. Encore une fois il est question de maximiser la liberté (de voter) mais cette fois par incidence, en suivant un protocole fait pour être traité par un algorithme, qui est très simple. Le logiciel déclare gagnant du scrutin le premier à dépasser la barre des 50% d'avis positifs. C'est à dire que dans une situation polarisée avec un troisième monsieur moyen, c'est celui-là qui remporterait le scrutin, là où dans un scrutin majoritaire classique les gens se disent que voter pour lui c'est risquer de laisser la place à celui qu'ils détestent.

Bon je peux multiplier les exemples à l'infini, dès que je marche dans la rue il y en a plein qui me parviennent, mais en gros l'idée c'est de dire que oui, les mathématiques sont partout autour de nous, et la plupart du temps il suffit de se concentrer sur un problème pour en dénicher des solutions non conventionnelles quoi que rigoureusement logiques.

(1) https://www.arte.tv/fr/videos/061655-000-A/le-grand-mystere-des-mathematiques/